Mon droit. Ton Droit.

Les accommodements religieux tiennent de notre désir de faire la juste place aux différentes cultures qui composent le tissus social québécois.

Trop de petits esprit condamnent unilatéralement ces efforts en employant ce qui ressemble à un argument mais qui, ultimement, n’est qu’une expression diffuse d’intolérance. Car qu’est-ce que l’argument : « S’ils ne sont pas content, qu’ils repartent d’où ils viennent. » si ce n’est pas de l’intolérance ?

Plusieurs personnes que j’ai eu l’occasion d’interroger à ce sujet m’ont cependant affirmé plus justement que les accommodements religieux ne sont, en réalité, que le symptôme d’un mal plus pernicieux encore ; notre incapacité à nous définir à la face du monde. Qui sommes-nous ? Que représentons-nous ?

De l’incapacité de répondre clairement à ces questions découle le flou artistique qui génère les accommodements religieux. Connaissons-nous nous-même, pour paraphraser la sagesse millénaire sculptée dans le roc du temple d’Apollon à Delphes. De plus, je suis fermement convaincu que notre incapacité à nous définir, à clairement établir la liste des valeurs qui nous représentent, contribue significativement à nous faire plier l’échine devant l’inacceptable. La tolérance est l’une de nos valeurs principales. Elle est la conséquence nécessaire d’une autre valeur capitale, le pluralisme, c’est-à-dire notre capacité à accepter plus d’une vision du monde, plus d’une seule idée. Cependant, comme le disait Bill Maher : « Il ne faut pas être tolérant au point de tolérer l’intolérable. »

quebecoisSi nous nous connaissions mieux, nous n’aurions pas besoin de hiérarchiser les valeurs, les droits fondamentaux ; point de vue que défend André Pratte dans le texte qui suit. Les valeurs fondamentales contenues dans nos chartes seraient suffisantes par elles-mêmes et n’aurait pas besoin des sorties peu reluisantes des politiciens et syndicalistes qui réclament une Charte de la laïcité du Québec. Je rêve d’un Québec où les directeurs des extensions gouvernementales que sont les CLSC et la SAAQ seraient assez courageux pour comprendre, lorsque quelqu’un exige d’être servi par du personnel masculin, que la seule réponse acceptable ici est : « NON ! »

Nous n’avons pas besoin d’une Charte de la laïcité mais bien davantage d’une greffe de colonne vertébrale et d’un peu de culture.