Parti Québécois : Vous me donnez mal au cœur.

En réaction à cette nouvelle.

En juin 2005, alors que j’œuvrais à Montréal comme animateur radio, j’avais publiquement dénoncé le Premier Ministre Jean Charest lorsqu’il avait traité l’ex-député Elsie Lefebvre de « chienne » durant la Période de Questions à l’Assemblée Nationale. C’était indigne d’un parlementaire.

Aujourd’hui, le chef par intérim, Stéphane Bédard, et certains candidats dans la course à la chefferie au Parti Québécois, ont laissé sous-entendre que le Premier Ministre Philippe Couillard « tolérait » les inégalités hommes-femmes et qu’il se traînait les pieds quant à une éventuelle loi québécoise portant sur la laïcité à cause de son séjour en Arabie Saoudite, dans les années 90, le rendant ainsi insensible à cette question.

Parti-Québécois-source-cbc

Cette démagogie est non seulement horrible et indigne de tout parlementaire, elle est grotesquement disproportionnée. Au Parti Québécois, on transforme l’attaque personnelle en ligne de parti.

Dans l’exercice de mon métier de commentateur de l’actualité, je me suis (presque) toujours gardé de m’attaquer personnellement aux politiciens. Être en désaccord sur la façon de voir les choses, de comprendre les problèmes que nous partageons, débattre d’idées contraires, de visions opposées, c’est sain, même quand c’est fait avec une certaine virulence.

En politique, la même rigueur doit s’appliquer. Car s’en prendre personnellement aux individus qui consacrent leur talent, qui sacrifient une grande part de leur vie privée pour servir les Québécois, c’est inacceptable, c’est petit, c’est minable.

Tous les politiciens sombrent à l’occasion dans la démagogie et l’attaque personnelle. Mais je ne me souviens pas d’avoir vu une telle session de dérapage en commun. Les insinuations burlesques font (malheureusement) partie de la joute politique, mais de là à faire de cette injurieuse et inadmissible rhétorique un refrain que tous les candidats à la chefferie (à l’exception de PKP) entonnent ? De là à ce que le chef par intérim renchérisse et claironne sans nuance que « Philippe Couillard est très imprégné de [leur] façon de vivre… », laissant peu subtilement sous-entendre que le Premier Ministre est tolérant face à l’inégalité entre les hommes et les femmes, il y a une limite qu’il faut, comme représentant élu, savoir ne pas franchir. La déclaration de culpabilité par osmose, par proximité est une lâcheté méprisable qui n’a pas sa place dans la sphère politique.

Dès lors, je me résigne et me permettrai d’écrire ce que je n’avais jamais osé écrire avant au sujet de quelque parti politique. Parti Québécois, vous me donnez la nausée.